Budôhippocampe-tatoo (1)

         Le Kanji BU   désigne, le militaire, le guerrier. Il est composé de deux parties signifiants « flèche » , et « arrêter » , et est donc souvent interprété par « arrêter les flèches ». Si le terme français  » art martial  » se comprend comme « art guerrier », le terme budō peut se comprendre originellement comme « la voie pour arrêter les flèches »,  interrompre l’agression, donc un art de défense.

          Le Kanji DO  道 désigne le chemin, la voie. Il est composé de deux parties signifiants « tête, cou » 首, et « aller, chemin » . La tête est le symbole de l’homme instruit, et le chemin, celui du cheminement de sa vie.

           » Bien que le budô soit né de l’impérieuse nécessité de survivre sur les champs de bataille, il est des éléments dans le budô qui transcendent les conditions historiques et culturelles. Le budô est concerné par tout ce qui touche à la vie dans son ensemble. Certaines techniques et enseignements qui se rapportent à la nature de l’existence humaine ont une valeur universelle, et ne sont pas limités dans leurs applications à une époque spécifique où un lieu particulier. » (Ni Doshu Kisshomaru Ueshiba)

           Le véritable art martial est la vie elle-même, une « lutte » de tous les jours avec ses défaites et ses victoires. BUDO prend donc un sens de recherche perpétuelle et continue. Une quête…

Omote et ura

Dans la culture japonaise, chaque objet, être, organisme, acte… possède deux aspects : un aspect  omote  et un aspect  ura. Dans certains milieux, on dirait exotérique et ésotérique :

·    omote (  ) désigne la face publique des choses, ce que tout le monde peut voir ; un exemple typique est la devanture d’un magasin, ou encore l‘étiquette ( reishiki, règles de bonne conduite en société ) ;

·    ura ( 裏 ) désigne la face cachée des choses, ce qui transparaît lorsque le vernis craquelle, l’aspect obscur, voire négatif, ou tout simplement intime, l’intérieur de la maison.

 Dans les écoles traditionnelles de budô, certaines techniques étaient réservées aux étudiants avancés et fidèles, par exemple ceux résidant dans le dojo et participant à son entretien ( uchi deshi ) ; ces techniques, dites okuden, étaient la face ura de l’enseignement. Les techniques omote étaient enseignées aux élèves débutants ou de passage.

Les techniques omote sont des techniques considérées comme moins efficaces, qui présentent plus de risques, ce sont donc celles où l’on passe devant l’adversaire, s’exposant ainsi à une contre-attaque si le mouvement n’est pas parfaitement exécuté ; on se présente du côté « public » à l’adversaire. Ce sont des techniques où l’on entre dans la zone dangereuse (à l’intérieur), des techniques directes.

Les techniques ura sont des techniques plus efficaces ou moins dangereuses, dans lesquelles on s’expose moins ; ce sont typiquement les techniques où l’on passe derrière l’adversaire, on se présente du côté « privé ». Ce sont des techniques où l’on absorbe l’attaque de l’adversaire, où celui-ci se retrouve à l’extérieur du mouvement, des techniques indirectes.

Shu Ha Ri  守破離

 Shu : Simple observation et reproduction de la gestuelle afin de la conserver et la protéger en tant que règle. Il s’agit d’observer, « d’obéir » à ce qui existe sans le déformer : ME DORI KEIKO : s’entrainer à attraper avec l’œil.

 Ha : rompre, détruire. Briser, casser. Lorsqu’une pièce de métal a été coulée dans un moule, il faut ensuite rompre le moule, le détruire de façon à voir apparaître la pièce. C’est la compréhension et l’utilisation, l’assimilation HA. Le papillon brise et quitte la chrysalide et l’oublie. Prise de conscience de l’utilité de chaque geste. Comprendre et ressentir ce que l’on fait. La seconde :

 RI: s’écarter, s’éloigner Le 30° hexagramme signifie : « moment où, des profondeurs, surgit l’éclat multiple de la beauté ». L’oiseau et le bœuf, ne s’entendent pas vraiment : ils s’écartent l’un de l’autre afin de vivre selon leur propre personnalité tout en restant utiles l’un à l’autre. L’appropriation et la transformation, c’est la libération RI.

SHUHARI peut, en soi, représenter une « pédagogie » dans la mesure où ces trois phases sont naturelles et ne demandent aucun apport extérieur. Elles sont inhérentes à l’homme. Quelle que soit la discipline, sportive, martiale ou autre, l’ordre des phases est toujours le même. Le choix de celle-ci importe peu où il n’est question que d’intérêt personnel. C’est la motivation, l’intérêt pour la discipline qui enclenche le processus immuable de… SHUHARI.

         Voilà les éléments du panorama dans lequel pourra évoluer l’Aïki…

 

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